Marche silencieuse de femmes saoudiennes
Marchesilencieuse de femmes saoudiennes portant des bougies symbolisant des
prisonniers dont elles ont demandé la libération, le 14 avril 2011. Cette
marche s'est déroulée à Qatif, dans une région majoritairement chiite dans
l'ouest du pays.
« Les dernières arrestations de
dissidents pacifiques ont effectivement gelé le climat de réforme en Arabie
saoudite », a commenté Christoph Wilcke, chercheur senior sur le
Moyen-Orient à Human Rights Watch. « La famille royale saoudienne n'a
donné aucune indication qu'elle serait prête à assouplir sa mainmise absolue
sur le droit d'exprimer des opinions politiques dans ce pays. »
Promulgation
d'un décret royal amendant la loi sur la presse et des publications et
restreignant davantage le droit à la liberté d'expression en Arabie Saoudite,
ainsi qu'à l'arrestation d'au moins 20 autres manifestants pacifiques dont deux
blogueurs.
Selon
Christoph Wilcke chercheur senior sur le Moyen-Orient à Human Rights
Watchn: « Les dernières arrestations de dissidents pacifiques ont
effectivement gelé le climat de réforme en Arabie saoudite ». « La
famille royale saoudienne n'a donné aucune indication qu'elle serait prête à
assouplir sa mainmise absolue sur le droit d'exprimer des opinions politiques
dans ce pays. »
Al-Manasif,
âgé de 27 ans, avait écrit au sujet des violations des droits humains en Arabie
saoudite, en particulier contre la minorité chiite, au cours des deux dernières
années. Son arrestation porte à au moins 145 le nombre de manifestants arrêtés
depuis le mois de février, selon un militant des droits humains saoudien
interrogé par Human Rights Watch.
La
famille Al Saoud règne sur l'Arabie Saoudite comme une monarchie absolue. Il
n'y a ni élections aux institutions publiques, ni aucune forme effective de
participation populaire au processus politique. Au début du mois de mars, le
ministère de l'Intérieur, dirigé par le prince Nayef ben Abd al-Aziz, ainsi que
le Conseil supérieur des oulémas (« docteurs de la foi » chargés
d'interpréter la loi), ont réitéré l'interdiction de toute manifestation.
Le 29 avril, le roi Abdallah bin Abd al-Aziz a
promulgué un décret amendant la loi de 2000 sur la presse et les publications,
restreignant davantage le droit à la libre expression. Le décret interdit de
publier tout texte qui « contredit les décisions de la charia islamique [la
loi] ou la réglementation en vigueur », ou tout texte qui « appelle
à perturber la sécurité du pays, ou l'ordre public, ou sert des intérêts
étrangers en contradiction avec l'intérêt national ». Le décret
interdit en outre tout texte qui « attise le sectarisme ou qui renforce
les divisions entre les citoyens », et qui « nuit aux affaires publiques
dans le pays ». Le décrit interdit en outre de porter atteinte à
« la réputation et la dignité » du grand mufti, des membres du
Conseil supérieur des oulémas, ou de tout autre représentant du gouvernement,
et de publier sans autorisation officielle préalable des informations sur des
procès ou enquêtes judiciaires.